SELARL Meimon Nisenbaum Avocats

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Meimon Nisenbaum
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Spécialiste en Droit du dommage Corporel
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Spécialiste en Droit du dommage corporel
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Meimon Nisenbaum
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DIU : Personnes Handicapées - Ethique et Déontologie
DIU : Traumatismes Crânio-Cérébraux
DU : Responsabilité Médicale

Vous ou un proche avez subi un accident grave avec des séquelles importantes ?
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Quelles ont été les conséquences de l'accident de la route pour la victime ?

En 2020, une jeune étudiante malgache de 20 ans, récemment installée en France, est victime d’un grave accident de la circulation alors qu’elle voyage en qualité de passagère. Les conséquences sont dramatiques : elle présente une paraplégie T4 AIS A, une atteinte du plexus brachial avec déficit sensitivo-moteur prédominant en C5, C6 et C7, ainsi qu’un traumatisme crânien léger.

Pendant près d’une année, elle est prise en charge dans plusieurs établissements spécialisés de la région parisienne. Grâce à la qualité des soins reçus, elle peut entamer un long processus de rééducation et de reconstruction. Toutefois, à sa sortie de l’hôpital, un nouvel obstacle apparaît : elle ne dispose d’aucun logement adapté à son handicap.

Faute de solution immédiate, elle est contrainte de retourner temporairement auprès de sa famille dans son pays d’origine, entre mars et septembre 2021. Ce n’est qu’après avoir obtenu des fonds lui permettant de sécuriser sa situation qu’elle peut revenir en région parisienne et s’installer dans un logement adapté à ses besoins.

Cas concret

Madame Y n’avait que 20 ans lorsque sa vie a basculé. Au-delà du handicap lui-même, il fallait anticiper l’ensemble des conséquences futures de l’accident : assistance quotidienne, perte d’autonomie, avenir professionnel compromis, logement adapté, mobilité et besoins matériels pour les décennies à venir.

Obtenir des provisions avant l'indemnisation définitive

Dans les dossiers de grand handicap, l’indemnisation définitive intervient rarement rapidement. Pourtant, les besoins apparaissent immédiatement dès la sortie de l’hôpital ou du centre de rééducation.

La victime doit pouvoir financer son logement, son accompagnement humain, son matériel spécialisé et réorganiser entièrement son quotidien.

Dans ce dossier, la question des provisions a donc été traitée comme une priorité.

Une première provision de 50 000 € puis une seconde de 50 000 € avaient été obtenues, mais ces sommes demeuraient insuffisantes au regard de l’ampleur du handicap et des besoins à financer.

Le cabinet a alors fait le choix d'engager une procédure judiciaire afin d'obtenir à la fois une expertise indépendante et des provisions complémentaires.

Après avoir réuni l’ensemble des pièces médicales, administratives, sociales et familiales du dossier, le cabinet a saisi le juge des référés du Tribunal judiciaire de Paris en avril 2021. À l’issue de l’audience, une nouvelle provision de 50 000 € a été accordée à la victime et un expert judiciaire neurologue a été désigné.

La compagnie d’assurances a ensuite contesté une partie de la mission d’expertise devant la Cour d’appel de Paris. Dans le même temps, la victime sollicitait une provision complémentaire. Après plusieurs échanges de conclusions et les plaidoiries des avocats, la Cour confirmait l’essentiel de la mission expertale.

Parallèlement, les discussions engagées avec l’assureur permettaient d’obtenir en février 2022 une nouvelle provision de 150 000 €, portant le total des provisions à 250 000 €.

Quelques mois plus tard, lorsque le pré-rapport d’expertise confirmait l’importance des séquelles et des besoins futurs de la victime, une nouvelle procédure était engagée afin d’obtenir une expertise architecturale et une provision complémentaire.

Cette démarche aboutissait en septembre 2023 à l’obtention d’une nouvelle provision de 400 000 €.

Au total, avant même que les discussions sur l’indemnisation définitive ne débutent, la victime avait obtenu 650 000 € de provisions. Ces sommes lui ont permis de financer son installation, d'acquérir un logement et d'engager les aménagements nécessaires à son autonomie.

Comprendre le rôle des provisions et les étapes d’un dossier d’indemnisation

Une expertise médicale particulièrement approfondie

L’expertise médicale constitue souvent l’étape la plus importante dans un dossier de dommage corporel grave. C’est elle qui permet d’évaluer les séquelles, les besoins futurs de la victime et l’ensemble des préjudices qui devront être indemnisés.

Dans ce dossier, plus d’une cinquantaine de pièces médicales ont été réunies et communiquées à l’expert judiciaire, au médecin conseil de victimes et aux représentants de la compagnie d’assurances.

Une première réunion d’expertise s’est tenue en février 2022 en présence de la victime, de son époux, de son médecin conseil, des avocats du cabinet, de l’avocat de la compagnie d’assurances, de son médecin conseil et de son inspecteur.

Dès cette première réunion, un débat essentiel est apparu : celui des besoins en aide humaine.

Le cabinet et le médecin conseil de victimes soutenaient que Madame Y devait bénéficier d’une assistance permanente compte tenu de son impossibilité à réaliser seule certains transferts indispensables à sa sécurité. La compagnie d’assurances considérait au contraire qu’elle pouvait rester seule à certains moments de la journée.

Face à ce désaccord, l’expert judiciaire a décidé de désigner un sapiteur ergothérapeute chargé d’évaluer plus précisément les capacités fonctionnelles de la victime.

Le cabinet a parallèlement orienté sa cliente vers un ergothérapeute conseil spécialisé dans le grand handicap afin qu’elle puisse être accompagnée tout au long de cette phase technique particulièrement importante.

Pourquoi les observations adressées à l’expert sont-elles importantes ?

Au cours d’une expertise judiciaire, les parties peuvent adresser à l’expert des observations écrites appelées « dires ».

Ces documents permettent de répondre aux arguments adverses, de compléter certains éléments médicaux ou encore de défendre les besoins de la victime sur des points précis.

Dans ce dossier, le cabinet Meimon Nisenbaum a adressé 4 dires particulièrement détaillés à l’expert judiciaire afin de défendre notamment les besoins en aide humaine et les conséquences concrètes du handicap sur la vie quotidienne de la victime.

L’objectif d’un avocat spécialiste lors d’une expertise n’est pas uniquement d’assister à la réunion. Son rôle consiste également à :

  • participer activement au débat contradictoire,
  • défendre les intérêts de son client,
  • veiller à ce que l’ensemble de ses besoins soient correctement évalués.

Les enjeux de l’expertise médicale dans les dossiers de dommage corporel

Le débat central du dossier : l’aide humaine 24 heures sur 24

En décembre 2022, le sapiteur ergothérapeute procédait à une expertise particulièrement approfondie. Son rapport, déposé un an plus tard, décrivait en détail les conditions de vie de la victime, ses besoins quotidiens, ses aides techniques ainsi que ses projets d’adaptation de logement et de reprise de la conduite.

Quelques mois plus tard, les parties étaient à nouveau convoquées devant l’expert judiciaire neurologue afin de débattre de l’ensemble des postes de préjudice.

La question de l’aide humaine demeurait au cœur des discussions.

Après analyse des éléments médicaux, des observations des parties et des conclusions de l’ergothérapeute, l’expert retenait finalement un besoin d’assistance humaine de 24 heures sur 24 comprenant :

  • 12 heures d’aide active non médicalisée ;
  • 12 heures d’aide de proximité.

Cette évaluation revêtait une importance considérable. Pour une victime atteinte d’une paraplégie sévère, l’aide humaine par une tierce personne constitue souvent la condition indispensable au maintien de la sécurité, de la dignité et de l’autonomie au quotidien

Vous devez prochainement participer à une expertise médicale ?

La préparation du dossier, la présence d’un médecin conseil de victimes et l’accompagnement par un avocat expérimenté peuvent avoir un impact déterminant sur l’évaluation de vos besoins futurs.

Le logement adapté, le véhicule adapté et les aides techniques peuvent-ils être indemnisés ?

Le rapport d’expertise médical définitif, déposé en août 2023, retenait notamment 

  • un déficit fonctionnel permanent de 85 %,
  • un préjudice professionnel total,
  • la nécessité d’un logement adapté,
  • d’un véhicule adapté et,
  • de nombreuses aides techniques.

Sur la base de ces conclusions, le cabinet a saisi une nouvelle fois le juge des référés afin d’obtenir la désignation d’un expert architectural chargé d’évaluer précisément les adaptations nécessaires.

Cette nouvelle procédure a donné lieu à une expertise particulièrement importante. Lors de la réunion organisée en février 2024, le cabinet a communiqué plus de 60 pièces complémentaires et adressé trois nouveaux dires à l’expert.

Le rapport final, particulièrement détaillé, comportait 89 pages et analysait l’ensemble des besoins liés au logement, au véhicule adapté et aux aides techniques futures de la victime.  

Comment une indemnisation de plus de 17,4 millions d'euros a-t-elle été obtenue ?

Alors même que la procédure architecturale se poursuivait, les avocats du cabinet Meimon Nisenbaum décidait de reprendre les négociations avec la compagnie d’assurances.

Cette stratégie permettait d’obtenir une première transaction en mai 2024. Cette transaction indemnisait l’ensemble des préjudices de la victime, à l’exception :

  • du logement adapté,
  • du véhicule adapté et
  • des aides techniques encore en cours d’évaluation.

Elle représentait déjà un montant global de 14 547 800 €, comprenant plus de

  • 3,46 millions d’euros en capital et
  • une rente viagère annuelle indexée de 183 960 € destinée au financement de l’aide humaine.

Le cabinet a toutefois fait le choix de poursuivre la procédure d’expertise architecturale afin d’obtenir une évaluation complète des besoins restant à indemniser.

Après le dépôt du rapport architectural et de nouvelles discussions avec la compagnie d’assurances, une seconde transaction était finalement conclue en avril 2026.

Cette seconde transaction accordait à la victime 2 877 734 € supplémentaires pour le financement de son logement adapté, de son véhicule adapté et de ses aides techniques.

Au terme de près de 6 années de procédures, d’expertises, de négociations et de démarches techniques, Madame Y obtenait une indemnisation globale évaluée à 17 425 534 € Cette indemnisation a permis de prendre en compte non seulement les conséquences actuelles de l’accident, mais également l’ensemble des besoins futurs liés au handicap.

Ce que ce dossier nous apprend sur l'indemnisation d'une paraplégie

Ce dossier illustre l’importance d’une évaluation complète des besoins de la victime dans les situations de grand handicap.

L’obtention d’une indemnisation adaptée a nécessité plusieurs procédures judiciaires, deux expertises distinctes, l’intervention de nombreux professionnels spécialisés, la production de plus d’une centaine de pièces et plusieurs années de négociations.

Au-delà du montant obtenu, cette affaire rappelle qu’une indemnisation doit avant tout permettre à la victime de retrouver un cadre de vie sécurisé, adapté à son handicap et compatible avec ses projets de vie futurs.

Vous êtes victime d’un accident grave ou accompagnez un proche lourdement handicapé ?

Le cabinet MEIMON NISENBAUM AVOCATS intervient exclusivement aux côtés des victimes afin de défendre leurs intérêts lors des expertises médicales, des négociations avec les assureurs et des procédures judiciaires.

Contactez notre équipe pour échanger sur votre situation et obtenir une première orientation sur les démarches envisageables. 

Juin 2026

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