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IFRI Instutut national de formation de recherche et d'innovation sur les situations de handicap " ifri" - crhes - conseil national "handicap:sensibiliser, informer, former"


Premiers éléments de réflexion pour un Institut national de Formation, de Recherche et d'Innovation sur les situations de handicap (IFRI)

 

1. Une initiative nécessaire

Dans les conclusions d'un rapport de la Cour des Comptes remis au président de la République en juin 2003 (« La vie avec un handicap »), il est fait état :

  • de la pauvreté et de la dispersion de la recherche en matière de handicap ;
  • de la nécessité d'un rééquilibrage par les services de l'Etat du développement du secteur associatif.

En outre, il est constaté de réelles carences en matière de formation et de circulation des expériences innovantes.

Dans ce contexte, la création d'un Institut national de Formation, de Recherche et d'Innovation sur les situations de handicap (IFRI) s'avère nécessaire. Il assurerait quatre fonctions essentielles :

  • Une veille « scientifique » ;
  • Une impulsion en matière de recherche, de formation et d'innovation ;
  • Une coordination des réalisations et projets émanant des organismes, des centres de recherche et de formation, des Universités…;
  • Une diffusion des actions formatives, des recherches et des pratiques innovantes.

A travers ces différentes fonctions, l'IFRI ne viserait pas à se substituer ou à concurrencer l'existant, mais il concourrait, d'une part, à une mise en résonance des différentes approches et démarches ; d'autre part, à une mise en réseau des institutions, des structures, des dispositifs.

Il reposerait sur un Conseil scientifique composé à la fois de représentants des structures de formation et de recherche existantes et d'experts reconnus.

Une implication combinée des Pouvoirs publics, des organismes de recherche et d'acteurs privilégiés de la société civile (fondations, mécénat…) assurerait à l'IFRI l'indépendance nécessaire.

Sa philosophie générale serait de contribuer, par l'essor et la mise en synergie de la formation, de la recherche et de l'innovation, à susciter et à accompagner la transformation culturelle vers une société plus inclusive.

 

2. Des chantiers prioritaires

Parmi ses premiers chantiers, il aurait à :  déterminer les exigences formatives, tant en formation initiale que continue, pour tous les secteurs professionnels

Aujourd'hui, les pratiques formatives abordant la question du handicap sont rares et, sauf exception notable, confinées à des dispositifs de formation continue, soumis le plus souvent aux aléas budgétaires et à la bonne volonté des éventuels participants. Or, une perspective inclusive implique d'inscrire le handicap dans l'ordinaire de toutes les professions et nécessite que les personnes en situation de handicap soient prises en compte dans tous les parcours de formation professionnelle.

Dans un premier temps, il sera nécessaire de procéder à un recensement des pratiques de formation inclusives existantes et des conditions qui les favorisent ou les entravent (organisation institutionnelle, modalités réglementaires, spécificités professionnelles, etc.). On notera par exemple que :

  • Concernant la formation des Magistrats, il n'existe aucune formation concernant le droit des personnes handicapées. Les Magistrats s'informent eux-mêmes en raison de leurs intérêts et de la matière dont ils ont la charge. Il n'existe en France que trois chambres spécialisées dans la réparation du préjudice corporel, qui ne jugent que des litiges concernant la réparation des victimes d'accidents corporels. Certes, il existe un certificat de spécialisation en Droit des personnes que certains avocats ont obtenu mais uniquement dans le cadre de la réparation du préjudice corporel. Récemment a été mis en place un certificat dans le champ de compétence unique du droit de la réparation du préjudice corporel . Ce certificat de champ de compétence n'a été obtenu à ce jour pour le Barreau de PARIS que par 5 avocats.
  • Concernant la formation des Architectes, on constate une même difficulté de mettre en œuvre une véritable politique de prise en compte des personnes en situation de handicap. Le plus souvent, l'accessibilité est considérée par les futurs architectes eux-mêmes comme un attirail de contraintes et d'obligations réglementaires et non comme le souci légitime de construire une société inclusive. L'autonomie pédagogique des 22 écoles d'architecture, que rien ne contraint à ce jour à introduire des modules consacrés au handicap dans les programmes de formation initiale, ne favorise pas une évolution rapide. Seules, deux écoles ont intégré des enseignements consacrés à la prise en compte du handicap. Mais ces deux innovations ne sont dues qu'à l'initiative individuelle de deux directeurs, impliqués aussi à titre privé. Leur exemple ne semble pas devoir être suivi.
  • Concernant la formation des médecins, le handicap n'est abordé que durant quelques heures dans la formation des seuls futurs pédiatres, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays (Royaume Uni, Etats Unis) où le handicap est un sujet d'excellence universitaire. Il n'existe en France aucune chaire d'handicapologie en France. Seuls quelques diplômes d'Université, suivis à la seule initiative des médecins, prennent en compte, souvent marginalement, le handicap.
  • Même, concernant la formation des enseignants actuellement en réforme, les acteurs regrettent que le découpage administratif n'encourage pas une prise en compte globale de la question de l'intégration scolaire, impliquant en même temps les enseignants, les encadrants et les formateurs. Toutefois, l'acquisition de la compétence des enseignants à accompagner chaque élève dans ses apprentissages, condition préalable à la prise en compte réelle d'élèves en situation de handicap, est un axe fort de la formation initiale. Mais l'enseignant doit aussi apprendre à travailler, à l'école ou en périphérie de celle-ci, en partenariat avec les professionnels du secteur et les services ou établissements spécialisés, chargés d'étayer de leurs compétences spécifiques l'équipe pédagogique accueillant un élève souffrant d'incapacité. Cette approche ouverte de la formation n'est pas aujourd'hui possible.

Ce début d'inventaire très partiel permet d'entrevoir l'immensité des besoins de formation non pris en compte, et la fragilité des initiatives pionnières. Un recensement systématique est nécessaire dans tous les champs professionnels : métiers du bâtiment, des transports, fonction publique territoriale, travailleurs sociaux… Il permettra une expertise des pratiques de formation à l'inclusion, préalable à la définition de ressources communes, d'un tronc commun interprofessionnel, d'arborescences par branche d'activité, professions et métiers.

 concevoir une organisation de la recherche française dans le champ du handicap, tous secteurs confondus ( sciences humaines et sociales, médecine, urbanisme, transports…) et proposer les moyens requis.

Dans cette perspective, il convient le plus tôt possible de modéliser de façon rigoureuse et de promouvoir une approche inclusive des situations de handicap.

Aujourd'hui, les approches du handicap en matière de recherche s'appuient sur des logiques particulières qui s'avèrent le plus souvent difficilement compatibles : découpage par type de déficiences ou d'incapacités (déficiences sensorielles, mobilité réduite, déficience intellectuelle, etc.), entrées disciplinaires (biologie, sociologie, médecine, sciences de l'éducation, etc.), possibilités d'application (recherche fondamentale, innovation technologique, recherche-action).

Afin de mettre en résonance ces approches dans une perspective d'inclusion de tous, l'IFRI favorisera un abord transversal des recherches les situations de handicap, leurs causes et l'expérience des personnes qui en sont victimes, organisé autour des différentes dimensions de la vie : éthique et santé, vie familiale, vie autonome et citoyenne, vie culturelle, vie scolaire et professionnelle, etc.

Par cette approche renouvelée, l'activité de recherche développée par les acteurs compétents (organismes, centres de recherche, Universités…) peut s'articuler plus aisément aux initiatives de formation et d'innovation.

 

CRHES Conseil National "Handicap:sensibiliser, informer, former" Février 2004

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