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Être handicapé dans la ville - (Le Point Carré N°184 décembre 2012)


Être handicapé dans la ville

Le point sur la mise en accessibilité des lieux publics

La ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette CARLOTTI, a dévoilé en septembre un rapport soulignant le retard pris par les institutions pour rendre accessibles les lieux publics aux personnes handicapées. Selon l'étude réalisée par le Conseil général de l'environ­nement et du développement durable, l'inspection générale des affaires sociales et le contrôle général économique et financier, l'obligation d'accessibilité de tous les bâtiments publics d'ici à jan­vier 2015, objectif fixé par la loi en 2005, «ne pourra être tenue». La loi imposait notamment aux institutions de mettre en place dans tous les bâtiments publics des rampes d'accès pour les handicapés moteurs, une signalétique visuelle pour les sourds, sonore pour les aveugles, et des logos clairs pour les handicapés mentaux.

Les auteurs du rapport estiment que ce retard est dû à des objectifs dont la réalisation est «impossible dans le contexte économique et budgétaire actuel», compte tenu de «l'ampleur des travaux à réaliser». Pour Jean-Marie BARBIER, président de l'APF, l'échec de ce programme est directement dû à un manque de volonté politique, de gauche ou de droite. «L'obligation d'accessibilité figure dans la loi depuis 1975 ; et pourtant, les com­missions municipales sur l'accessibilité, censées étudier les permis de construire, ne fonctionnent pas. 8o % du délai de dix ans est dépassé et seulement 15 % des bâtiments publics sont accessibles». Les maires, eux, font valoir les difficultés auxquelles ils se heurtent pour mettre leurs bâtiments aux normes. Selon un maire du département de l'Oise, pour les bâtiments neufs, il n'y aurait pas de problèmes, l'accessibilité est intégrée dans les plans moyennant un surcoût. Pour les bâtiments anciens, cela devient un véritable casse-tête (trop longue rampe d'accès, coût exorbitant, impossibilité d'accéder par l'arrière des bâtiments, ce qui équivaudrait à une discrimination). Les trottoirs doivent également être rendus accessibles, ce qui est impossible dans certaines communes de campagne où ils sont en terre ou en cailloux.

Les auteurs du rapport, tout comme les associations, considèrent qu'il est souhaitable de maintenir les objectifs fixés en 2005. La ministre veut lancer de nouvelles concertations avec les associations. «Il faut accélérer la cadence et menacer les institutions de sanctions fi­nancières si elles ne sont pas aux normes en 2015» estime le président de l'APF. La Fnath, qui défend les accidentés de la vie, propose de revoir à la baisse certaines réglementations pour faciliter les mises aux normes. Mais sur quels critères ? Car, si l'on favorise les mesures pour les handicapés sensoriels ou mentaux (moins chères à réaliser), «alors les handicapés physiques seront encore la dernière roue du fauteuil»...

Tiré d'un article paru dans «La Croix» du13/09/2012
Le Point Carré
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