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Bernadette FABREGAS "MIEUX CONNAITRE L'EPILEPSIE" (MNH Revue N° 163 février 2009)


MIEUX CONNAITRE L'EPILEPSIE

Bernadette FABREGAS

L'épilepsie, du terme grec "epilambanein" qui signifie "saisir, prendre par surprise", est une maladie neurologique chronique encore mal connue. Elle est l'expression d'un fonctionnement anormal, aigu et transitoire de l'activité électrique du cerveau qui se traduit par des crises soudaines, imprévisibles et le plus souvent très brèves (une minute ou moins), appelées aussi crises comitiales.

 

Les crises sont variables en fonction du siège (zone épileptogène) de la décharge électrique. La distinction entre crises partielles (CP) et crises généralisées (CG) repose sur le caractère localisé ou diffus de cette décharge. Chez l'adulte, deux grands types de crise sont décrits :

- les crises partielles n'affectent que certaines parties du corps. Elles peuvent se manifeste par des troubles moteurs, sensoriels et sensitifs, de la mémoire ou de la conscience ;

- les crises généralisées, parmi lesquelles les crises tonicocloniques, sont les plus connues, les plus impressionnantes mais les moins fréquentes et qui se manifestent par une perte de connaissance avec chute, mouvements convulsifs, morsure de la langue... À ne pas confondre avec les crises partielles (focales) qui se généralisent secondairement car ce sont les premiers signes de la crise qui sont les plus importants pour localiser son point de départ. Quant aux "absences", elles se manifestent par une brève rupture de contact (quelques secondes) qui se traduit par une fixité du regard. Parfois accompagnées de mâchonnements ou de gestes involontaires et inadaptés, les absences se répètent fréquemment au cours de la journée.

L'expression de l'épilepsie chez l'enfant reprend les mêmes données que celles de l'adulte avec, dans certains cas, une particularité propre au jeune âge qui laisse parfois augurer d'un avenir sans crise. Les épilepsies de l'enfant demandent une attention toute particulière car elles ne sont pas toujours facilement repérables.Ce sont parfois les instituteurs qui, remarquant que l'enfant est rêveur en classe ou a des"trous de mémoire", donnent le signal d'alerte.C'est la répétition de ces signes "bizarres" qui doit faire suspecter des crises.Le diagnostic d'une crise d'épilepsie repose sur le récit du patient et/ou de son entourage qui permet d'apprécier l'existence de signes évocateurs de la maladie (mouvements convulsifs, pertes de connaissance, chutes, absences, relâchement des sphincters, automatismes gestuels...). Pour confirmer le diagnostic, le neurologue prescrit un électroencéphalogramme (EEG) et, en fonction de son hypothèse, éventuellement d'autres investigations(imagerie, bilan métabolique...).Quant aux causes de l'épilepsie, elles sont confirmées par des techniques neuroradiologiques (notamment scanner et imagerie par résonance magnétique nucléaire). Ainsi, 40 % des épilepsies sont d'origine symptomatique (malformation congénitale, encéphalite, souffrance foetale, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral, tumeur, maladies neurologiques évolutives, malformations cérébrales...) et 5 à 10 % d'origine génétique. Une fois sur deux, l'origine reste inconnue, on parle alors d'épilepsie cryptogénique.

Les traitements de l'épilepsieont pour but de diminuer, voire supprimer le nombre des crises. Les traitements médicamenteux reposent essentiellement sur la prise d'antiépileptiques (lamotrigine,levetiracetam, topiramate pour ne citer que certains). Le traitement, bien adapté et bien suivi, permet la disparition des crises dans 70 % des cas. Pour un petit nombre de patients (épilepsie pharmacorésistante, partielle et unifocale), il est possible de proposer un traitement chirurgical qui peut s'avérer très positif et dont le principe consiste à enlever la région du cortex responsable des crises (cortectomie, callosotomie ou hémisphérotomie). Parfois, le recours à l'implantation d'électrodes profondes pour localiser le point de départ des crises focales est également nécessaire. Vivre avec une épilepsie, c'est vivre avec une maladie chronique qui nécessite un traitement mais c'est aussi vivre avec les conséquences psychologiques et sociales de la maladie. Chaque cas d'épilepsie est à considérer individuellement avec le concours de professionnels, de neurologues, de médecins scolaires ou du travail, de psychologues et, dans la mesure du possible, d'enseignants ou d'employeurs.

 

LE POINT DE VUE DU SPECIALISTE

Le Pr Alexis Arzimanoglou (1), neurologue à l'institut des épilepsies de Ventant et de l'adolescent, nous répond.

À l'issue des 1es Journées françaises de l'épilepsie, quel est le message fort à retenir ?

 

Le projet scientifique prioritaire pour les deux années à venir, à savoir l'étude sur la mortalité, a fait l'objet de plusieurs sessions et a permis la mise en place d'un réseau sentinelle dans toute la France.

En marge de ces journées, des sessions de formation étaient proposées aux professionnels. Quels étaient leurs thèmes et leurs buts affichés ?

La session des échanges paramédicaux est maintenant une tradition des journées de la ligue française contre l'épilepsie (LFCE). Elle permet notamment des échanges entre les différentes équipes d'infirmières en électro-encéphalographie pour améliorer les pratiques. Elle vient compléter des formations annuelles organisées par la LFCF.

(1) Chef de service épilepsie, sommeil et explorations fonctionnelles neuropédiatriques Hôpital Femme - Aigre- Enfant., CHU de Lyon (69).

 

QUELQUES CHIFFRES :

Dans le monde, plus de 40 millions de personnes sont concernées par l'épilepsie. En France, environ 500.000 personnes sont répertoriées dont 250.000 jeunes de moins de 20 ans.

Si à l'adolescence plus de la moitié de ces jeunes guérissent spontanément, dans 40 % des cas, les manifestations de l'épilepsie subsistent et nécessitent la prolongation d'un traitement jusqu'à l'âge adulte. De plus, dans 20 % des cas, même les traitements les plus récents contrôleront difficilement les crises. Il s'agit d'épilepsies pharmacorésistantes. Le diagnostic précoce du type d'épilepsie et le choix des traitements les plus adaptés sont d'une grande importance. La discussion sur les indications d'une solution chirurgicale doit se faire tôt dans l'évolution de la maladie si nous voulons éviter l'installation de troubles des apprentissages. D'où l'importance d'avoir en France des centres hautement spécialisés.5 % de la population est susceptible de faire une crise, un jour. De fait, chaque jour, 100 personnes présentent une première crise, soit près de 40.000 par an.Une fois sur deux, cette crise peut augurer une maladie épileptique qui est, après la migraine, la première raison de consultation d'un neurologue.

 

Source : Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie

 

 

LES ADRESSES A CONNAITRE

Comité national pour l'épilepsie,

133 rue Falguière Bâtiment D, 75015 Paris. Tél. 06 60 54 99 62.

http://www.epilepsie-comite.fr/

 

Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie (FFRE),

9, avenue Percier, 75008 Paris.

Tél. 01 47 83 65 36.

http://www.fondation-epilepsie.fr/

 

Ligue française contre l'épilepsie (LFCE), Hôpital Pontchaillou, Service Neurologie, 1 rue H.Le Guilloux, 35000 Rennes.

http://www.ifce-epilepsiestr/

 

Institut des épilepsies de l'enfant et l'adolescent (IDEE)
www.fondation-idee.org

 

 

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