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Franck SEURET ( Journaliste)"LA COMPETITION CONTINUE" (FAIRE FACE N°667 - SEPTEMBRE 2008)


Pékin va accueillir les Jeux paralympiques du 6 au 17 septembre. La Chine est largement favorite pour se succéder à elle-même au classement de la nation la plus titrée. La France vise la 9e place mais elle aura du mal à rééditer la même performance qu'à Athènes en 2004, tant la concurrence est sévère.

Pékin va accueillir les Jeux paralympiques du 6 au 17 septembre. La Chine est largement favorite pour se succéder à elle-même au classement de la nation la plus titrée. La France vise la 9e place mais elle aura du mal à rééditer la même performance qu'à Athènes en 2004, tant la concurrence est sévère. 

Ce seront les jeux de la Chine. Non seulement parce que les XIIIe Paralympiades, la deuxième manifestation au monde par son ampleur après les Jeux olympiques, se dérouleront à Pékin, mais aussi parce que les athlètes chinois devraient largement rafler la mise. Il y a quatre ans déjà, à Athènes, ils avaient terminé tout en haut du podium avec 141 médailles, dont 63 d'or, loin devant la Grande-Bretagne et le Canada. Cette première place récompensait une belle montée en puissance depuis les Jeux d'Atlanta en 1996 où la Chine, avec 39  breloques, ne pointait qu'au 9e rang mondial, puis ceux de Sydney, où elle avait terminé 6e (73). Et les résultats des récentes rencontres internationales, où les sportifs chinois ont brillé, montrent que le pays organisateur devrait largement dominer les compétitions. Ce qui n'a finalement rien d'étonnant.

Le pays dispose en effet du plus vaste « réservoir » de personnes handicapées au monde - 83 millions, tous handicaps confondus, même si le mouvement handisport y est, proportionnellement, beaucoup moins développé que dans de nombreux pays occidentaux. Mais surtout, le sport, chez les valides comme chez les handicapés, remplit en Chine une fonction politique importante, au service du prestige du pays. Et les pouvoirs publics se donnent les moyens de réussir.

La pratique amateur étant assez peu développée, les athlètes ne sont pas tant sélectionnés sur leurs performances que sur leur capacité physique et mentale à atteindre le haut niveau. A charge pour les spécialistes de les former, entraînement intensif à la clé. Pour se préparer aux Jeux, les athlètes ont donc passé plusieurs mois en stage à huis-clos. Résultat de cette politique élitiste : la Chine alignera des équipes dans toutes les disciplines, avec des chances sérieuses de médailles dans nombre d'entre elles.

 

Nations émergente

Et la France ? Son objectif sera de se maintenir à son niveau de 2004, c'est-à-dire au 9e rang mondial. Ce qui ne sera pas évident. Depuis les Jeux de Séoul en 1988, où elle avait terminé 4e, elle n'a cessé de dégringoler dans la hiérarchie mondiale, en perdant une ou deux places à chaque Paralympiade. Cette année encore, la partie s'annonce difficile, car derrière les traditionnels poids lourds handisport (Grande-Bretagne, Canada, USA, Allemagne, Australie, Espagne, etc.), de nouvelles nations émergent : le Brésil, la Russie, la République tchèque, le Japon ou la Corée du sud. « Le niveau de performance ne cesse d'augmenter, ajoute Christian Paillard, directeur technique national. Cela s'explique notamment par l'évolution du matériel et des techniques d'entraînement, qui s'approchent aujourd'hui de celles des sportifs valides, avec qui les paralympiens se préparent de plus en plus, en France comme à l'étranger. » Handicap supplémentaire, la France ne présente des sportifs que dans 13 des 20 disciplines paralympiques, faute d'avoir suffisamment développé certaines d'entre elles, comme la boccia, le rugby en fauteuil ou bien encore le football.

À Pékin, les 119 tricolores devraient obtenir un grand nombre de médailles en athlétisme et en tennis de table, disciplines les plus représentées au sein de la délégation avec une vingtaine d'athlètes chacune. Le cyclisme, l'escrime, l'haltérophilie, le judo et la natation devraient permettre d'étoffer le palmarès tricolore. Mais pas le basket, l'équipe de France, qui fait habituellement partie de l'élite mondiale, ne s'étant pas qualifiée pour les Jeux.  « Nous pouvons aussi compter sur de belles performances individuelles dans les disciplines possédant un effectif plus limité, mais qui s'appuient sur des « valeurs sûres », comme la voile, l'équitation, le tennis, le tir à l'arc et le tir sportif, explique Christian Paillard. Et, bien sûr, un espoir fondé sur l'aviron, nouvelle discipline de ces Jeux. » Le nombre total de médailles distribuées ayant été réduit depuis Athènes, l'équipe de France paralympique vise une soixantaine de médailles, contre 74 en 2004. Les tricolores seront d'autant plus motivés que pour la première fois, les primes seront les mêmes pour les Jeux paralympiques que pour les Jeux olympiques : 2 000 € pour la participation, 13 000 € pour le bronze, 20 000 € pour l'argent et 50 000 € pour l'or. Y'a plus qu'à !

 

 

Jeux paralympiques en pratique

Les Jeux paralympiques de Pékin se dérouleront du 6 au 17 septembre, sur les mêmes sites que les JO, qui se seront achevés deux semaines plus tôt, sous la houlette du même comité d'organisation, le BOCOG. 4 000 sportifs venus de plus de 150 pays et accompagnés de 2 200 entraîneurs et officiels techniques vont participer aux 471 épreuves, organisées dans les 20 disciplines au programme. 1,5 million de spectateurs sont attendus dans les stades et installations.  4 000 journalistes et techniciens audiovisuels devraient couvrir ces Jeux, soit quasiment 1 500 de plus qu'à Athènes.

En France, France Télévisions n'assurera pas de retransmission des épreuves mais proposera :                                                                                                                                                                                     

- un résumé quotidien de 7 mn avant le journal de 12 à 13 h, sur France 3 (également diffusé sur France 4) ;

- un résumé de la première semaine, le dimanche 14 septembre, sur France 3 ;

- des reportages quotidiens dans Télématin (France 2), de 6h30 à 9 h, et Tout le sport (France 3), à 20h10 ;

- des reportages dans Stade 2, le dimanche soir sur France 2 à 17h50.

Pour en savoir plus, consultez le site officiel des Jeux paralympiques : http://en.paralympic.beijing2008.cn

 

 

Combien ça coûte ?

Le budget prévisionnel de la participation de la délégation française aux Jeux s'élève à 1 840 000 €, dont 586 000 € pour le transport et le fret (comprenant l'envoi de bateaux et chevaux), 386 000 € pour la compensation des pertes de salaires pour l'encadrement bénévole et les indemnités forfaitaires de participation aux athlètes, 317 000 € pour les équipements et tenues, 191 000 € pour la communication et le Club France, etc. Il est financé grâce à la subvention du ministère des Sports (1 475 000 €), aux sponsors et aux fonds propres de la fédération (150 080 €), ainsi qu'aux apports du Comité d'organisation des Jeux (126 000 €) et du Comité national olympique (85 000 €).

 

Franck Seuret

 

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