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Frontal-syndrome frontal

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Frontal-syndrome frontal

Qui dit traumatisme crânien sévère, dit troubles neuropsychologiques et qui dit troubles neuropsychologiques chez ces patients, dit au minimum un déficit de la mémoire associé ou non à un syndrome frontal dont il faut apprécier la réalité et la gravité.

Le lobe frontal est une entité physiologique complexe qui a certainement des fonctions importantes dans l'organisation du fonctionnement du cerveau, de l'intelligence, de la mémoire.

Le diagnostic de syndrome frontal est souvent fait devant les troubles suivants:

En cas de syndrome important on retrouve une désinhibition (jusqu'à la désinhibition sexuelle) des persévérations, une écholalie, une adhérence, une agressivité (verbale, voir physique), parfois une grande tristesse (la moria) & . Il peut exister aussi une grande passivité, un manque total d'initiative, une grande lenteur.

Ce diagnostic est fait d'autant facilement qu'il existe des lésions au lobe frontal mises en évidence au scanner ou à l'IRM, qu'il existe des signes d'atteinte très sévère comme des réflexes archaïques comme un grasping (attraper involontairement avec la main), un sucking (sucer tout ce qui touche la lèvre). Il peut y avoir aussi un comportement de préhension, un collectionnisme (le fait d'attraper et garder les objets), une écholalie (répétition de ce qu'il entend).

A un degré moindre, on retrouve les troubles du comportement qui sont de façon moindre, un désintérêt, un manque d'initiative, de la passivité, une lenteur, un peu de désinhibition, des troubles de l'humeur (excitation, agressivité, euphorie, sinon grande tristesse, ce qui est plus rare), un manque d'attention, des difficultés de la programmation des taches, des stratégies, des troubles de l'abstraction, du calcul, une diminution de l'affectivité, une fatigabilité, une hypersomnie (exagération du sommeil) &

L'examen neuropsychologique permet d'affiner, de mieux évaluer ce syndrome par des épreuves de raisonnement, de mémoire, de langage... Des tests sont plus spécifiques comme le Trail Making Test de Stroop, la Tour de Londres mettant en évidence une perte de la flexibilité mentale pour le premier, la perte du contrôle de l'interférence pour le second, une limitation des capacités de planification pour le dernier.

On n'a pas toujours des lésions frontales au scanner encéphalique ou à l'IRM ou encore des lésions attenantes comme aux lobes temporaux mais il faut reconnaître que quand ces lésions existent, même s'il ne s'agit que d'une photo ne préjugeant en rien de la fonction des cellules restantes, le diagnostic est facilité. Il faut raisonner aussi en tenant compte de toutes les connexions avec les autres lobes qui partent ou arrivent au lobe frontal.

Un point important est toute l'histoire clinique que l'on peut aussi compléter utilement par l'interrogatoire des proches. Ainsi, l'importance et la durée d'importants troubles du comportement, de l'agitation, d'une éventuelle agressivité verbale et surtout physique, d'une désinhibition sexuelle, la présence de confabulations (après l'éveil) sont autant d'éléments qui ont une valeur localisatrice et qui orientent sur le diagnostic.

Là aussi une évaluation de l'autonomie et de ce qui se passe est intéressant et très importante (voir fonctions supérieures) permettant de détecter les anomalies en relation avec un syndrome frontal.

Tout le problème en expertise est l'imputabilité des troubles (tout ou en partie) au traumatisme crânien et de les attribuer à "un syndrome frontal" qui a une valeur importante, un taux de DFP notable sur l'affirmation de son existence est d'autant plus important ensuite selon la gravité du symptôme.

Bref, syndrome frontal veut (ou voulait) dire DFP élevé. Sur ce point, la dernière mise à jour du barème de droit commun (édition 2001) donne un descriptif précis des principaux symptômes cliniques habituellement rencontrés avec une évaluation correspondante du DFP. Elle distingue "le syndrome frontal vrai" avec des échelles plus sensibles de 10 à 85 %, les atteintes isolées de certaines fonctions cognitives (langage, mémoire), les troubles cognitifs mineurs. Elle parle aussi de "dysfonctionnements frontaux", etc. Tout ceci aide beaucoup l'expert et ne devrait plus faire craindre le verdict des neuropsychologues maniant aisément et très fréquemment le diagnostic de syndrome frontal (ou parfois le réfutant alors qu'il est évident avec des lésions au lobe frontal retrouvé sur le scanner et l'IRM dont ils n'ont pas pris connaissance). Ce dernier tombant comme une sentence brandie par les médecins-conseils et les avocats de la défense, redouté par les médecins défendant les intérêts des Compagnies d'assurance. C'est en partie à l'origine de la méfiance vis-à-vis des résultats des évaluations neuropsychologiques que celles-ci ne sont pas toujours demandées (par la nomination d'un sapiteur) et remplacées (ou non) par la désignation de neurologues. Mais cela peut sans doute changer (voir neuropsychologie-examen neuropsychologique).

Il est vrai, qu'en général le syndrome frontal entraîne un DFP élevé, c'est pourquoi, il faut encadrer tout particulièrement ces victimes, ne pas les consolider trop tôt pour apprécier la réalité de leur déficit séquellaire et par conséquent de leur préjudice professionnel, ainsi que de leurs besoins en tierce personne.

Très souvent, des troubles de l'agressivité apparaissent avec ce type de lésion, qui entraînent parfois l'exclusion du traumatisé crânien d'un centre de réadaptation et/ou des coups et blessures sur un tiers pouvant entraîner des poursuites devant un Tribunal correctionnel. Ces procès sont délicats, car il faut établir le défaut de discernement de la personne traumatisée crânienne, ce qui hélas, n'est pas toujours reconnu par les experts commis par les Tribunaux.

Voir neuropsychologie / fonctions supérieures


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